mercredi 5 novembre 2008

Beaucoup à faire !



Barack OBAMA a donc finalement réussi son ambitieux challenge : devenir Président des Etats-Unis d'Amérique. Il est incontestable que c'est une très belle victoire et qu'elle est, de toute évidence, particulière et porteuse d'espoirs profonds d'autant qu'elle survient après huit années passées sous administration Bush.

Un des précieux avantages de Bruxelles consiste à offrir une ouverture plus étendue sur l'ensemble des médias européens. Bruxelles est le siège principal des institutions européennes mais la ville, au demeurant très cosmopolite, abrite également l'OTAN.

On cotoie de nombreuses nationalités ici et les diverses rencontres permettent, sans nul doute, de mieux appréhender certains faits et certaines particularités propres à chaque communautés. Cette diversité de vues, d'opinions, met en exergue avec force les ressemblances et les différences. Elle augmente la capacité à tirer des enseignements significatifs et intéressants.

Loin d'évoquer pour la millième fois la couleur de peau d'un candidat ou les gaffes de Sarah PALIN, le premier élément marquant et révélateur est sans aucun doute l'immense impact médiatique des élections US sur les médias européens.

En un sens, on peut légitimement penser qu'il s'agit là d'un fait normal puisqu'il s'agit de la première puissance mondiale mais on dépasse, ici, largement les limites du raisonnable et on peut chercher sans fin des explications pour justifier cet incroyable (insupportable ?) état de fait.

Besoin de vendre et de faire vendre du papier en ces temps publicitaires difficiles ? Dérive "People" et surenchères ? Vrai et normal intérêt pour un moment fort de l'Histoire de ce pays qui pourrait avoir, du fait de son immense puissance, des répercussions sur l'ensemble de la planète ?

La liste des possibilités peut très certainement largement s'étendre, les raisons étant sans doute multiples, bonnes et/ou mauvaises mais, c'est un fait, les médias européens donnent l'amère impression d'être les reflets d'opinions publiques entièrement soumises, inféodés, à la toute puissance des USA.

La France occupe une place particulière dans le show médiatique européen. Les médias français ont couvert l'évènement avec beaucoup plus de force encore que leurs confrères européens et, par moment, on pouvait se demander si la "France d'après" chère à Nicolas SARKOZY durant sa campagne n'était pas devenue le 51ème état des Etats-Unis !

Les médias français en ont fait des tonnes au point de parfois (souvent ?) paraître absolument ridicules. Je suis le premier à regretter mes propos mais je ne les crois malheureusement pas démesurés et heureusement pour nos médias nationaux que John Mc Cain n'a pas été élu la nuit dernière tant la traitement de l'information fut imparfait et subjectif !

Enfin, il y a LA grande particularité de nos médias nationaux par rapport à leurs confrères européens !

Quand les médias européens relatent et commentent sans jamais dénigrer leur pays, les médias français nous expliquent eux que la France est en retard sur les Etats-Unis, que les français sont racistes et que nous avons beaucoup à apprendre des américains !

Les mêmes américains qui élirent Bush en 2000 et le réélirent en 2004, ceux qui envahirent l'Iraq sans aucune preuve, en mentant, en défiant la communauté internationale, ceux qui affaiblirent l'ONU, qui ont rendu possible Guantanamo, sont devenus, en une seule nuit, pour les médias français, des parangons de vertu, nos maîtres à penser !

Sans rire, nos médias nous racontent, dans leur très grande majorité, que les Etats-Unis constituent une démocratie vive et dynamique alors que la France est un pays qui repose sur une base profondément raciste qui serait incapable d'élire un Barack OBAMA français !

Quand le traitement de l'information est à ce point incompréhensible, on est en droit de se demander si l'américanisme forcené de notre Président de la République n'est pas devenu, en fin de compte, une maladie extrêmement contagieuse.